• Isabelle Moulis

Zoom sur... Jean Pierre Rieu


La salle de commande d’une centrale thermique.


Zoom sur

Entretien avec Jean Pierre Rieu, Photographe,

https://www.jeanpierrerieu.fr/


Ce nouvel article est le premier d’une série avec laquelle j’ai décidé de vous présenter ponctuellement des artistes, photographes, plasticiens dont j'apprécie le travail et la personnalité. Leur univers vous est présenté sous forme d'entretiens, de mini interviews accompagnés de clichés qui j'espère vous donneront envie de les découvrir.


Nous commençons avec Jean Pierre Rieu dont j'ai découvert le travail photographique il y a quelques années sur Flickr; en introduction et en fin d’entretien vous trouverez des photos d’urbex, sujet qui m’a fait découvrir son travail au début.


Les navettes abandonnées.


En quelques mots, comment te présenterais tu ?

  • Photographe autodidacte, c’est grâce à l’Urbex (la photo de lieux abandonnés) qu’est venue ma passion pour la photographie. Mais je suis curieux de tout et c’est pour cela que j’essaye d’explorer les divers horizons que me propose la photographie. J’ai eu la chance d'arrêter de travailler il y a peu et je suis maintenant “auteur photographe”. Je peux donc être à 100 pour 100 dans ma passion.

Parmi les différents univers que tu photographies, tu as choisi de nous présenter principalement ton travail sur les autoportraits “mêlés” je dirais, peux tu nous les présenter? Quel est le premier ? Comment effectues tu tes choix de “partenaires”?

  • Mon premier autoportrait date de juillet 2011. C’est en feuilletant un magazine que m’est venue cette idée de découper une photo de publicité pour la mélanger avec mon portrait donnant ainsi un nouveau personnage. Le résultat n’était pas convaincant mais j’ai tout de suite vu que je pouvais faire quelque chose d'intéressant.


Premier découpage.


Tu te sers de ton image afin de faire ces portraits modifiés, effectivement pour des autoportraits c’est une évidence mais y a t'il une autre raison?

  • Tout d’abord c’est par facilité car j’avais le modèle sous la main. Je découpais des portraits sur des magasines que je collais sur une feuille cartonnée pour faire mes montages. C’était aussi une façon de me transformer. Le résultat était parfois impressionnant et je ne me reconnaissais plus. Il fallait que je cache le découpage pour redécouvrir mon vrai visage.



Lorsque tu formules une “façon de te transformer” ... tu “ne te reconnaissais plus” était-ce un désir conscient au préalable ? … Avec le recul qu’en penses tu ?

  • Non, au départ cela n’était pas conscient mais par la suite c’est devenu comme un jeu. Quand j’ai exposé ma série sur les dictateurs, certaines personnes n’ont même pas remarqué que c’était moi derrière à chaque fois: Les deux personnages en étaient devenu un nouveau… Plus tout à fait moi mais plus tout à fait l’autre non plus.

Lorsque j'ai l'occasion de travailler sur des personnages en peinture, je sais qu'il y a inconsciemment beaucoup de moi que je met... Lorsque l’on travaille sur l’autoportrait, le travail sur l’identité et sur la sienne, me semble primordial, qu'en penses-tu ?

  • Ce n’est pas le cas pour moi. Je ne fais pas un travail sur moi mais plutôt sur le nouveau personnage. J’essaye de créer un nouvel être et je ne sais pas s’il reste réellement quelque chose de moi :-)



Accepterais tu de nous donner des explications techniques sur ces clichés? Un making-off ?

  • Le principe est en soit assez simple. Après avoir pris les portraits sur des magasines, j’ai pioché les photos des personnages sur le web. Ce qui me simplifiait facilement la tâche car cela me permettait d’imprimer le portrait aux bonnes dimensions tout en gardant l’homothétie.

Une parenthèse, homothétie ? Un terme mathématique me semble-t-il, réminiscence de ton métier précédent ?

  • Non, pas du tout: Garder l’homothétie d’une photo c’est en fait quand tu change la dimension tout en gardant les proportions.


  • Maintenant, ma technique évoluant avec le temps, je ne fais mes autoportraits qu’avec des personnes que je photographie personnellement (il n’y a donc plus de problème avec le droit à l’image) il s‘agit d’amis, de la famille ou bien des personnalités locales que j’aime (Carton du groupe “Raoul Petite”, Manuel Pratt ou le graffeur Pyrate).



  • Il y a donc tout un travail en amont afin de photographier la personne… En effet je tiens à ce que cela reste assez naturel et je ne demande pas aux personnes de forcer leur traits. Je me suis installé un studio photo chez moi. Mon appareil photo est sur un trépied, relié à mon PC, je fais tous les réglages lumière et c’est souvent ma compagne qui se trouve devant l’écran et qui me guide pour ajuster le découpage . Je ne triche pas et je veux donc que tout se fasse à la prise de vue (qui, suivant la difficulté peut durer un certain temps).

Et faire l'inverse? Ta compagne ou un ami en personnage principal avec toi en “portrait sur-ajouté” , cela t'intéresserait-il ?

  • Bien sur et c’est sur cela que je travaille en ce moment. Je crois que je me suis lassé de me voir derrière mes personnages et surtout cela limite les possibilités. Sur les photo ci dessous c’est mon fils ainé qui tient une image de moi et sur l’autre c’est moi qui tiens une photo de mon plus jeune fils.



Il serait intéressant de suivre l’histoire des autoportraits fils/père et de voir comment les visages pourraient se “retrouver” à un moment, y a tu pensé?

  • J’avoue que non mais c’est une excellente idée. Et quand les idées sont bonnes il faut les suivre.

Quelques mots sur l’évolution de ton travail…

  • J’ai commencé un travail où je ne serai plus du tout sur la photo. Un homme avec sa femme ou bien une femme avec sa fille ou fils, etc... Je pense que c’est un moyen de faire évoluer mon travail.

  • Mon but est par la suite de proposer aux gens de faire leur autoportrait en mêlant leur visage à une autre personne qui leur est cher. Une photo de couple, de famille ou entre amis...

N’as tu pas peur que cela fasse un peu “ macho” ou cliché ? “ma femme, ma moitié” ou “mon enfant, l’extension de moi même” ? ;-)

  • Ça ne m’est pas venu à l’idée, c’est parti d’un jeu et c’est devenu un vrai travail artistique. Il ne faut trop chercher en profondeur, juste une transformation avec les personnes que l’on aime. De plus comme je te l’ai dis mon travail évolue vers des autoportraits ou je serai absent des photos .

La technique en général dans la photographie, pour toi c‘est important ?

  • Oui, c’est important mais je me rends bien compte que cela ne fait pas tout. Il y a des grands photographes qui ne s’occupent pas de la technique… Et fort heureusement ce n’est pas la technique qui fait que l’on est un artiste.

Y a-t-il des photographes dont tu admires le travail ?

  • Je ne saurai pas trop citer un photographe. Il y en a bien sur dont je suis admiratif même s’il ne sont pas très connus. J’aime les photographes qui me font poser des questions, me remettent en question.


Une salle de réception d’un hôtel thermal en Autriche.


Je trouve difficile la question qui se rapporte à nos choix “culturels” au lieu de te demander de citer un film, un spectacle, qui t’aurait touché on va parler plutôt d'un tiercé - ou quinté - gagnant !

Quelles sont les oeuvres , dans le théâtre, la danse, la littérature, la musique, la peinture... Qui te touchent et qui “nourrissent” ton travail ?

  • La musique est très importante pour moi et elle ne m’a jamais quitté. Je suis un fan de la première heure de Charlélie Couture qui a des textes qui me touchent beaucoup. J’ai adoré les WHO que je préférais aux Stones. David Bowie avait une voix et des mélodies incroyables… D’une manière générale j’aime le rock. Pour les films j’aime par exemple “Big fish” de Tim Burton, “Into the wild” de Sean Penn, les films de Clint Eastwood mais beaucoup d’autres bien sur…

  • Pour la peinture, pour la série sur laquelle je travaille en ce moment, j’ai voulu donner un virage au traitement de mes autoportraits en m’inspirant de certains peintres. J’aime le clair obscur de “Le Caravage” ou bien la lumière des œuvres de Johannes Vermeer.

Ta conclusion…

  • Faire ces autoportraits me procure un réel plaisir, tant aussi bien dans la recherche que dans la réalisation. Mais je pratique toujours avec autant de joie la photo Urbex (photo de lieux abandonnés) et fait régulièrement chaque année des voyages pour aller rechercher des lieux qui me font rêver. J’adore aussi voyager et c’est pour moi une source d’inspiration…



Merci Jean Pierre pour cet entretien et ta gentillesse pour t‘être plié au jeu, à bientôt!


Lightpainting dans l’ancienne prison Sainte Anne d’Avignon.

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© 2019 ISABELLE MOULIS ARTISTE PLASTICIENNE La Rochelle FRANCE

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